La Campagne d’Hiver 2018 de la production de riz dans l’Artibonite conduite par la caravane agricole et sabotée par l’EDH

Le riz est une plante  qui a les pieds dans l’eau

Une pépinière de riz a besoin de trois arrosages :

 

  • De 1 à 5 jours, il faut arroser 2 fois par jour , matin et soir, et puis  drainer  immédiatement après.
  • De 6 à 10 jours, il faut arroser une  fois par jour et puis drainer  toute suite après en ayant le soin de laisser l’eau disponible sur le pourtour de la pépinière.
  • De 10 à 15 jours, arroser la pépinière chaque 2 jours, et puis drainer toute suite, en ayant le soin de laisser l’eau tout autour de la pépinière .
  • Labourer le terrain du jardin et l’inonder tout suite après labourage pour éviter des problèmes de dénitrification
  • Transplantation
  • Inonder la pépinière un jour avant l’arrachage des plantules .
  • Arracher les plantules dans l’eau à l’aide d’une pelle plate ou avec une machette. Transplanter après 21 jours`
  • Arrosage en plein champ

Du 6 ème  au 33 ème jour, c’est le moment de la reprise et du tallage  de la plantule ,il faut seulement 2 à 3 centimètes d’eau.

Du  34 ème au 43 ème jour, le jardin doit être complètement drainé pour trois raisons majeures :

  • Meilleure croissance des plantules bien tallées et blocage des estropiés
  • Les plantules s’enracinent plus profondément et résistent mieux à la verse.
  • Prévention de formation de produits toxiques dans le sol.

Du 52 ème au  72 ème  jour, il faut 5 à 10 centimètres d’eau  au moment ou la grappe commence  à bourgeonner

  • Entre le 73ème et le 78 ème au moment de l’épiaison il faut maintenir la même quantité d’eau
  • Entre le 79 ème et le 83 ème jour,  c’est le stade laiteux  il faut maintenir la même quantité d’eau.jusqu’à la maturation.
  • Entre le 84 ème et le 105 ème jour, tenir la terre humide et après 105 jours  drainer   complètement le jardin. Récolter à 120 jours

Pour faire le riz , il faut commencer  par régulariser  les ouvrages  qui  contrôlent  l’eau destinée à l’irrigation.  Ref  Diri nan tè wouze  BITA MARNDR 1995

Le lac de Péligre

Le lac Péligre a été conçu en 1950 par le président Dumarsais Estimé pour alimenter en eau le barrage   Hydro électrique du même nom devant arroser 32.000 has de riziculture dans la vallée de l’Artibonite. C’est un barrage régulateur des crues du fleuve  Artibonite destiné à emmagasiner de l’eau pour les terres de la vallée. La superficie moyenne du plan d’eau est de 3.500 has. Le volume d’eau emmagasiné dans le lac est  de   620 millions de m3 . Le barrage de dérivation   de Canot   à la  Petite  Rivière de l’Artibonite  est une porte électronique   dont le cout est estimé   entre  quatre à six millions de  dollars  US en 1978. Cette  porte de dérivation laisse  passer un débit de  50 m3 d’eau qui envoie  40 m3  dans un canal de gauche  et 10 m3 dans  un canal de droite. La construction a été réalisée par le président Paul Eugène Magloire. Le barrage a été inauguré par le président Jean Claude Duvalier.

L’EDH  dans sa gestion  de l’eau pour produire  et fournir de l’électricité s’autorise des lâchers d’eau qui dépassent  souvent 500 m3  secondes sans  avertir  son partenaire    d’en aval  qui est l’organisme de l’ODVA. Ces lâchers d’eau endommagent le barrage de dérivation de Canot à la Petite Rivière de l’Artibonite et produisent l’inondation et la perte jusqu’à 5.000 has à 18.000 has de plantés ces derniers temps. ( Ref minis Lionel Valbrun  inauguration Projet PROJEBA 2016) .

Entre les mois de Novembre   à Avril arrive chaque année la saison de sécheresse qui dure six mois et qui est la période de l’étiage du lac. Au moment de la saison de l’étiage, le débit du fleuve  Artibonite a diminué de moitié et se situe aux alentours  de 25 m3 d’eau au lieu des  50 m3 qui devraient arriver au barrage de Canot .

La gestion de l’eau d’irrigation au niveau de l’ODVA et de l’EDH

Il n’y a pas à proprement parler de programmation annuelle de l’irrigation, comme on l’entend généralement pour un périmètre irrigué. Généralement au début de la saison sèche, une réunion informelle au niveau des ingénieurs responsables de l’ODVA et d’EDH permet d’élaborer un programme prévisionnel annuel  de turbinage, lui aussi informel.

EDH reste maître du débit turbiné à Péligre, avec néanmoins des contraintes théoriques de gestion du barrage consistant à fournir un débit minimal de 40 m3/s en saison sèche, de maintenir deux “creux” saisonniers, en mai-juin et en septembre-octobre, pour réserver des volumes tampons pour écrêter les crues, et à limiter le débit restitué à 350 m3/s. Lorsque le débit parvenant au barrage de Canot est supérieur à 50 m3/s, il est dérivé dans les canaux maîtres rive droite et rive gauche à concurrence de leur capacité de transport respective ([1]). En dessous de cette valeur et jusqu’à 40 m3/s, il est réparti au prorata de ces capacités. En dessous de 40 m3/s, il est procédé par rotations hebdomadaires entre la rive droite et la rive gauche, la rive gauche restant prioritaire en raison de la nécessité de maintenir une production hydroélectrique minimale à l’usine hydroélectrique de Drouet.Ref SECTION D-LA GESTION DU SYSTEME HYDRAULIQUE F. Brelle (SCP),J. Chancy-Manigat (socio-économiste pour LGL SA),M. Oriol (sociologue pour LGL SA)

Dans  la vallée de l’Artibonite il faut trouver  un modus operandi de gestion  des ouvrages de  Peligre, du barrage de Canot, de l’usine hydroélectrique de Drouet entre l’ODVA et l’EDH. La porte électronique est  munie  de vannes qui doivent être ouvertes  pour laisser passer  toute charge  supérieure à 500 m3  d’eau. . Au moment des intempéries, l’EDH en organisant des lâchers  supérieurs à 500 m3/s sans  avertir l’ODVA pour ouvrir les vannes, envoie des excès d’eau qui causent  l’ensablement  des  canaux  maitres , produisent l’inondation des terrains plantés ou pas et  détruisent  les  plantes qui meurent étouffées, noyées dans les  eaux.

En période d’étiage le débit du fleuve diminue et avoisine  les 25 m3 d’eau

par seconde. La gestion unilatérale de l’eau par l’EDH a amené l’ODVA  à diversifier  les cultures , parce que pendant la saison sèche , l’eau dans le canal ne permet de faire du riz que sur  10 à 12.000 has . Le reste de l’eau est mieux utilisé pour arroser 10.000 has de terre  plantés  en oignon , haricot, mais, Aubergine, patate , melon qui exigent moins d’eau que le riz.

En conséquence de cette gestion unilatérale   de l’eau par l’EDH, en période d’étiage elle provoque l’inondation des terres en amont et la sécheresse  sur les terres en aval  qui ne trouvent pas l’eau d’irrigation. C’est ce qui est arrivé la semaine  du 16 au 20 février 2018.Une réunion au sommet  a eu lieu entre le MARNDR le TPTC, l’ODVA et l’EDH dans ses deux  composantes P-au-P et Péligre. Dans cette réunion  il était convenu que l’EDH fasse  un lâcher  d’eau qui laisse arriver après 12 heures de parcours un volume d’eau de 50 m3 à la porte du barrage de dérivation de Canot. L’EDH comme dans ses habitudes a promis de faire  le suivi des recommandations de la dite  réunion et aussitôt celle-ci terminée  elle  a fait de ces recommandations  des racontars de bullshit politiques  deversés par les professionnels de la politique sur les plateaux de télévision. C’est ainsi a rapporté  Charles Sufra à l’émission Ramase du 24 février 2018 que les plantations de riz au niveau de la cinquième section ont toutes été  brulées par la sécheresse au moment oû elles avaient le plus  besoin de l’eau.

Les riziculteurs de la cinquième section ,rapporte  Me Charles Sufra réclament que cette  nouvelle fois  l’état haïtien les dédommagent parce sous les gouvernements de Martely et de Priver l’EDH en 2013 et en 2016 avait  fait des lâchers d’eau qui leur  avaient valu la perte  de  5 à 10.000 has restés impayés.

Estimation des pertes 

La valeur de la production agricole irriguée, au stade final de l’aménagement de la vallée de l’Artibonite est  évaluée à 78,3 millions USD par an. Lorsque la perte touche 5000 has  à raison de 56.000 gdes l’has cultivé  elle représente  280 millions de gourdes.

Conclusion

Au niveau  de la réserve d’eau, il faut  une cogestion  entre  l,’EDH et L’ODVA. Cette  co-gestion   pour être efficace commande une direction décentralisée    qui tient compte des problèmes inhérents aux lâchers ou à la rétention de l’eau du barrage de Péligre qui se fait toujours aux détriments des planteurs de l’Artibonite. Il ne suffit  d’avoir l’eau,le soleil, la terre et le président jovnel pour produire du riz dans l’Artibonite.Il en faut beaucoup plus que  cela.

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